Les Européens voteraient pour Obama s'ils en avaient la possibilité. Mais dans le quotidien La Repubblica, Bernaro Valli voit difficilement comment un président issu d'une minorité ethnique pourrait être élu en Europe. "Un chancelier allemand d'origine turque ? Un Français sénégalais président de la République ? Un premier Ministre britannique d'origine pakistanaise ? Dans ce cas le scepticisme des Européens l'emporte. … Depuis quelques années, l'image des Etats-Unis est troublée. L'ère Bush a plongé l'Amérique dans une dépression, à laquelle une société nouvelle et dynamique cherche une issue. Le phénomène touche l'Europe, car il met en évidence l'immobilisme européen. Celui-ci repose sur la méfiance et sur la peur d'une vague d'immigration forte et inexorable qui ébranlerait les équilibres. Nous ressentons la torpeur qui a infesté notre société. Une société qui accepte de nouvelles couleurs, qui est submergée de flux de personnes que l'on peut difficilement intégrer mais qui sont en même temps les porteurs de nouvelles forces indispensables. La peur des autres nous paralyse. L'Amérique, le pays de l'immigration par excellence, nous donne une leçon. Elle nous apprend ce qu'est une société multiethnique et multiculturelle. … La valeur symbolique de l'ascension d'Obama, et bientôt peut-être de son élection au poste le plus élevé de la plus puissante des nations, est si forte, qu'un continent aussi sceptique et isolé que le notre ne peut être que fasciné." (03.11.2008)
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